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"La diversité de mes champs d’intervention, la Psychanalyse, l’Université, mon engagement au Mouvement Démocrate comme mon mandat d’élu municipal, multiplie la dispersion de mes textes ; elle continuera, mais d’une part, on retrouvera l’essentiel de mes positions et réflexions ici, d’autre part un blog donne toute liberté de parler simplement en son nom, sans les compromis ordinaires qu’exigent aussi bien l’action politique, que la participation à une communauté scientifique. Je m’y risque donc au moins pour un temps." RSS Souscrire via RSS

Pour en finir avec la guerre des psys

Pour en finir avec la guerre des psys
Jean-Jacques Rassial
Editions Albin Michel

LE LIVRE

pourenfinirLes psys ne font la Une que lorsque leurs querelles, quittant le terrain du débat scientifique, tournent à la guerre dérisoire entre les uns et les autres.

Certes, dès qu’il s’est agi de concevoir l’âme rationnellement les divergences ont surgi. Elles portaient tout autant sur les théories du fonctionnement mental que sur les professions qui l’ont pour objet, ainsi que sur les voies, universitaires ou non, de leur transmission. Mais l’affaire des psychothérapies a médiatisé ces querelles qui, depuis, tournent à la guéguerre, opposant autant les professions psys (psychiatres, psychologues, psychanalystes, psychothérapeutes), que les doctrines rabattues au rang d’idéologie (comportementalo-cognitivisme et psychanalyse).

Jean-Jacques Rassial, psychanalyste, étudie l’histoire et l’actualité de ces querelles, avec une conviction forte : ce narcissisme des petites différences aura pour seul gagnant l’idéologie actuellement dominante, ce mélange d’utilitarisme et de scientisme, qui fait régner l’opinion sur la pensée et réduit la réalité humaine à ses dimensions biologique et sociale. Et pour seul résultat, la disparition programmée des spécialistes du psychisme, contrairement à ce que laisse penser le recours constant à la psy comme point de vue dans les médias ou comme intervenant à tort et à travers. L’enjeu est politique, puisqu’il s’agit de savoir si cette dimension psychique qui définit toute conception humaniste ne risque pas de nous laisser dans le « meilleur des mondes », une fois les psys ridiculisés, marginalisés puis évincés du champ social au profit de techniciens paramédicaux.

Après avoir clarifié la question du rapport entre la psychanalyse et les psychothérapies, l’auteur examine ainsi les implications des réformes actuelles. Qu’elles concernent l’évaluation de la recherche, la santé publique ou l’université, elles menacent les psys . Et ils réagissent principalement sur un mode corporatiste, voire de partage ou de conquête d’un marché qui se restreint.

Non seulement les psys pourraient s’entendre sur ce qui les réunit au-delà de leurs divergences légitimes, mais ils le doivent s’ils ne veulent pas disparaître, et, avec eux, l’idée même d’une politique humaniste, déjà bien mise à mal.

L’AUTEUR

Jean-Jacques Rassial est psychanalyste, membre d’Espace Analytique, et professeur à l’Université de Provence, où il dirige le laboratoire de psychanalyse et psychopathologie clinique. Outre sa pratique analytique, depuis 1977, il a travaillé à l’hôpital et dans le secteur médico-social, durant une quinzaine d’années. Il est surtout connu, depuis les années 80, pour ses travaux sur l’adolescence.

Contact Presse : Agnès Olivo : 01 42 79 10 03
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Régions, Suisse, Belgique : Caroline Hardoy : 01 42 79 19 12
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Posté le : 30 mar 2010
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5 Commentaires

2 avr 2010 - 09:04:47
Samuel a dit:

Espérons que la fin de la guerre des psys ne soit pas un poisson d’avril…le milieu psy est en train de s’auto-détruire et il est urgent d’en prendre conscience…

2 avr 2010 - 10:04:29
J.J. Rassial a dit:

La fin de cette guerre est certes un poisson d’avril, vu l’état des lieux, mais ma conviction est que si les « psys » ne réussissent pas à s’entendre ou du moins se respecter entre eux, la fin des psys n’est certainement pas une blague, mais un risque majeur

6 juil 2010 - 01:07:40
Jeanne a dit:

Vous dénoncez la guerre des psy – psychiatres, psychanalystes, psychologues cliniciens – à priori tous formés aux pratiques psychothérapeutiques quelque soit leur orientation théorique ! (oui, j’ose le prétendre), mais en même temps, votre position de président de la Commission d’experts de l’agence nationale d’évaluation est pour le moins ambigüe, n’hésitant pas à disqualifier radicalement les laboratoires de recherche en psychopathologie et en psychologie clinique les plus connus et les plus développés, au prétexe que leurs publications (et donc leurs axes méthodologiques de recherches!) ne rentrent pas dans les critères fixés par l’Agence, critères qui, vous le savez bien, ont été établis sans tenir compte des spécificités de la discipline en France…
Pour un peu, on pourrait vous soupçonner de jouer double jeu, affichant publiquement une position de « rassembleur » des « psy », et officiant dans l’ombre pour faire disparaître les labo de recherches réputés, comme celui de l’Université de Lyon II, par exemple.
Qu’avez-vous à répondre ? Que c’est de la politique ? Quel but poursuivez-vous réellement ? Seulement vos ambitions politiques ? Si c’est le cas, laissez les psy faire leur « job » tranquillement, ayez l’honnêté de « penser » réellement la pluralité des axes de recherches en psychopathologie, ce qui passe, vous le savez bien, par la pluralité des pratiques et des enseignements universitaires. Le plus grand risque dans cette affaire est le développement de la « pensée unique », sur le modèle des psy nord-américains. La France est trop historiquement et culturellement plurielle pour que certains, comme vous, puissent imposer cette pensée unique. A vouloir niveler et uniformiser, on en perd la créativité, vous ne le savez que trop, eu égard à votre parcours de vie…
Cordialement

7 juil 2010 - 08:07:26
admin a dit:

Je vous remercie de votre commentaire, puisqu’il me permet de répondre à ce qui mélange rumeur et procès d’intention.
D’abord sur ma participation à l’expertise des unités de recherche de l’AERES, puis sur les positions qui sont les miennes et que je défends aussi dans ce cadre.

1) l’équipe de Lyon II n’a pas été disqualifiée, puisqu’elle a obtenu la note B, qui est celui d’une reconnaissance. Les équipes qui ont obtenu un C, note cette fois disqualifiante, auraient bien voulu obtenir ce B. L’équipe de Lyon II n’est ainsi en rien menacée de disparition. Ces notes sont attribuées, en fin d’évaluation d’une série d’Unités de recherche, avec une comparaison entre elles. L’étude du dossier et la visite, puis cette réunion de synthèse ont plusieurs fois permis de réévaluer les appréciations successives.

2) Concernant les publications et les revues qui en sont les supports, plusieurs choses. D’abord, il ne s’agit qu’un des critères d’évaluation parmi d’autres. D’autres unités de recherche avec un B sur le critère publications ont obtenu une appréciation globale A, parce qu’on y repérait d’autres éléments, qu’il s’agisse du pourcentage des chercheurs de notoriété internationale, de la cohérence et du dynamisme des différentes équipes internes, de la politique doctorale, etc. Ceci concerne en particulier des équipes d’orientation psychanalytique qui ont obtenu la note A, avec une appréciation B des publications.

3) Sauf erreur de ma part, parmi les équipes comprenant une orientation psychanalytique, en trois ans de fonctionnement de l’AERES, avec ma participation pour une majorité d’entre elles, et sauf erreur de ma part, 3 ont obtenu A (toutes 3 exclusivement psychanalytiques), 5 B et 3C, sachant que seule l’évaluation C peut être considérée comme négative et qu’une seule des équipes classée C était nettement d’orientation psychanalytique. Si vous comparez avec les autres champs de la psychologie, les résultats sont clairement favorables à la psychanalyse.

En quoi pouvez-vous affirmer que « j’officie dans l’ombre [où suis-je caché ?] pour faire disparaître les labos de recherches réputés » ?

Ensuite sur mes positions personnelles. Si vous lisez vraiment mon livre, vous verrez que je ne suis en rien un tenant de l’unité des psys, ni même de la psychologie. Au contraire ! Et surtout, il contient d’un bout à l’autre une critique des modèles anglo-saxons. C’est aussi le cas de l’évaluation, où, ce qui semble vous choquer, je défends l’idée d’une appréciation subjective des experts, qui ne limitent pas leur rôle à celui de comptable des critères quantifiés, à l’encontre de la politique officielle de l’AERES. Qui ne reconnaitra pas néanmoins que la procédure d’évaluation des unités de recherche universitaires, qui est celle de l’AERES, est bien plus transparente que l’ancienne procédure (à laquelle j’ai naguère participé), totalement occulte, voire anonyme ?
Le refus de participer aux expertises de l’AERES ne laisse que le champ libre à ceux qui s’opposent le plus à l’existence de l’enseignement et de la recherche en psychanalyse à l’université.

En particulier, et surtout dans la commission chargé d’évaluer les revues supports de publication, je suis publiquement un critique sévère du critique de leur appréciation sur critères de citation et de ce que l’on nomme « facteur d’impact ». En cela, je suis en désaccord avec plusieurs autres universitaires psychanalystes, qui préfèreraient seulement que le facteur d’impact soit calculé pour un plus grand nombre de revues européennes. D’une part, je pense que la communauté de chaque orientation de la psychologie est le meilleur juge sur l’importance, la difficulté et la notoriété des revues, et que les experts de chaque champ, comme les membres du CNU, pourraient les préciser. D’autre part, que depuis des années, et d’abord au CNU, on a substitué à une appréciation qualitative des recherches, cette quantification réductrice.
Une fois, définie la banque de donnée délimitant les revues « qualifiantes » et l’AERES s’est rangé à l’avis ancien du CNU pour prendre en compte la liste dite PsycInfo, la question de la classification est de plus secondaire, derrière celles, principale, du caractère « publiant » de l’ensemble des membres d’une unité de recherche ainsi que de la diversité et du caractère international des publications d’une équipe.

Vous me prêtez de curieuses ambitions politiques. Je peux vous assurer que le conseil municipal auquel je participe se moque totalement de l’AERES et de l’Université, ce que je déplore parfois quand je défends une politique de logement universitaire. Concernant le Mouvement Démocrate, je vous renvoie aux différents textes de la commission enseignement supérieur/recherche à laquelle j’ai contribué, et vous m’expliquerez quel est l’intérêt politique personnel de ceux qui les ont rédigées (en opposition le plus souvent avec l’UMP et le PS)
Et un peu d’observation vous montrerait que je ne tire, à l’université, strictement aucun bénéfice, et plutôt des ennuis, de cet engagement.

Ce que je soutiens fermement par contre, et je pense que l’affaire des psychothérapeutes le confirme, c’est que les querelles entre les différentes orientations des disciplines psychologiques, ou les prétentions à l’exterritorialité de la psychanalyse (hors bien sûr les cures individuelles) n’ont qu’un effet catastrophique pour tous, et d’abord pour les psychanalystes. Ca, c’est vraiment une position politique et j’aimerais bien qu’elle soit partagée.

Jean-Jacques Rassial